OOXML est le format proposé par Microsoft, basé sur le XML, pour la création et l'édition de documents bureautiques (traitements de texte, tableurs, feuillets de présentation…).

Or, il existe déjà un format basé sur la même technologie (qui plus est, un standard) et effectuant le même travail : l'ODF, implémenté par des suites bureautiques comme OpenOffice et adopté par des institutions comme la Gendarmerie Nationale et l'OTAN, et même par des pays pour leurs administrations, comme la Belgique, où l'ODF est devenu un format obligatoire depuis le mois dernier à la suite d'une décision du Conseil des ministres belge du 23 juin 2006. Par conséquent, le format pseudo-standard de Microsoft est inutile, trop de standards pouvant tuer le standard.

De plus, le format ouvert ODF a un avantage face à OOXML du point de vue du code XML généré. Prenons l'exemple d'un document de traitement de texte comportant le contenu suivant :

Ceci est un paragraphe avec un mot en gras, un autre en italique et un lien.

Le format ODT (la version traitement de texte de l'ODF), pour produire cette phrase, génère un code comme le suivant :

<text:p text:style-name="Standard">
  Ceci est un paragraphe avec un mot en
  <text:span text:style-name="T1">gras</text:span>
  , un autre en
  <text:span text:style-name="T3">italique</text:span>
  et un
  <text:a xlink:type="simple" xlink:href="/">
    <text:span text:style-name="T5">lien</text:span>
  </text:a>
  .
</text:p>

OOXML, de son côté, produira un document en .docx avec un code source semblable au suivant :

<w:p>
  <w:r>
    <w:t>Ceci est un paragraphe avec un mot en</w:t>
  </w:r>
  <w:r>
    <w:rPr>
      <w:b/>
    </w:rPr>
    <w:t>gras</w:t>
  </w:r>
  <w:r>
    <w:t>, un autre en </w:t>
  </w:r>
  <w:r>
    <w:rPr>
      <w:i/>
    </w:rPr>
    <w:t>italique</w:t>
  </w:r>
  <w:r>
    <w:t>et un </w:t>
  </w:r>
  <w:hyperlink r:id="rld4" w:history="1">
    <w:r>
      <w:rPr>
        <w:rStyle w:val="Lien"/>
      </w:rPr>
      <w:t>lien</w:t>
    </w:r>
  </w:hyperlink>
  <w:r>
    <w:t>.</w:t>
  </w:r>
</w:p>

Pour afficher un même texte, OOXML pond trois fois plus de code que son concurrent ouvert ; autrement dit, comme l'a si bien écrit Boileau : Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire. ;) De plus, à part une ou deux exceptions, OOXML emploie des éléments dont le nommage est quasi ésotérique, tandis que les éléments et attributs de l'ODF ont des noms plus intuitifs pour quiconque connaît un peu l'anglais : text:p pour du texte contenu dans un paragraphe.

À cela s'ajoute une tracasserie pour les utilisateurs de Microsoft Office : la version d'OOXML actuellement implémentée dans Office 2007 ne correspond pas à l'OOXML « standardisé » par l'ISO, ce qui signifie d'éventuels problèmes de compatibilité, voire de pérennité des documents OOXML créés actuellement avec Office 2007 ; en effet, le jour où une prochaine version de Microsoft Office sortira, qui implémentera l'OOXML version ISO, une migration s'imposera aux utilisateurs de Microsoft Office, comme le remarque Louis Naugès. Bien entendu, cette tracasserie n'a pas lieu d'être quand on utilise un format standard véritablement ouvert et soucieux de l'interopérabilité entre logiciels et de la pérennité des documents produits avec ledit format.

Voilà des raisons de découvrir des suites bureautiques alternatives à Microsoft Office permettant d'utiliser des formats de documents standard et ouverts pour produire des documents qui seront lus aussi bien par OpenOffice que par Google Docs ou KOffice. D'ailleurs, si l'on choisit d'adopter OpenOffice, par exemple, on se rendra très vite compte qu'on peut s'y mettre à jour beaucoup plus facilement, puisqu'OpenOffice est gratuit et est disponible sous une licence libre qui n'oblige pas à dépenser plusieurs centaines d'euros (surtout quand on n'est ni étudiant ni enseignant) pour disposer de la toute dernière version du logiciel. En ces temps où l'on se plaint de la baisse du pouvoir d'achat (même s'il est vrai qu'on ne s'équipe pas de logiciels de bureautique aussi fréquemment qu'on fait ses courses au marché), c'est un argument de plus pour s'ouvrir l'horizon des logiciels. ;)