D'après la Commission Européenne :

Sur la base des preuves recueillies au cours de son enquête, la Commission considère que la vente liée de l'Internet Explorer avec Windows, qui a pour effet d'équiper de l'Internet Explorer 90 % des PC dans le monde, porte préjudice à une concurrence par les mérites entre navigateurs Web concurrents dès lors qu'elle confère à l'Internet Explorer un avantage artificiel en matière de distribution, avantage que les autres navigateurs Web sont incapables d'offrir. La Commission s'inquiète du fait que cette vente liée permet à Microsoft de soustraire l'Internet Explorer à une concurrence directe avec d'autres navigateurs, ce qui porte préjudice au rythme de l'innovation et à la qualité des produits que les consommateurs obtiennent en fin de compte. La Commission est également préoccupée par le fait que l'omniprésence de l'Internet Explorer incite artificiellement les fournisseurs de contenu et les développeurs à concevoir des sites web ou des logiciels essentiellement pour l'Internet Explorer, ce qui risque, à terme, de compromettre la concurrence et l'innovation en matière de fourniture de services aux consommateurs.

Microsoft dispose d'un délai de huit semaines pour répondre à la communication des griefs et aura ensuite le droit, si elle le souhaite, à être entendue lors d'une audition. Si l'analyse préliminaire exposée dans la communication des griefs est confirmée, la Commission pourra infliger une amende à Microsoft, l'obliger à mettre fin à l'abus et lui imposer une mesure corrective qui permettra d'offrir à nouveau un véritable choix au consommateur et d'assurer une concurrence par les mérites.

Aujourd'hui, la Commission a confirmé qu'elle ferait de son possible pour s'assurer que les consommateurs aient la possibilité de continuer à profiter librement d'une des plus importantes innovations de l'histoire de l'humanité : l'Internet, se réjouit Jon Stephenson von Tetzschner, le patron d'Opera Software.

Ce qui est en jeu, c'est non seulement la liberté pour l'utilisateur de choisir son navigateur, mais aussi la possibilité de bénéficier de navigateurs apportant d'autant plus d'innovation que cette dernière est stimulée par une concurrence libre et saine.

Pour plus de détails, vous pouvez lire le communiqué de la Commission Européenne, une dépêche de l'AFP, ainsi que le communiqué d'Opera. On en discute également sur un billet de Tristan Nitot à ce sujet.