L'interopérabilité selon Franck Riester
Par Victor Brito, le mardi 24 février 2009, à 10h16 - Lien permanent
Wikipédia rapporte, dans son article sur l'interopérabilité en informatique, une définition du mot interopérabilité telle que proposée par un amendement, non retenu, à la loi DADVSI :
On entend par interopérabilité la capacité à rendre compatibles deux systèmes quelconques. L'interopérabilité nécessite que les informations nécessaires à sa mise en œuvre soient disponibles sous la forme de standards ouverts.
Par conséquent, si deux (ou plusieurs) systèmes quelconques sont compatibles entre eux parce qu'ils observent un ou plusieurs standards ouverts, l'utilisateur a donc la liberté de choisir l'un de ces systèmes et de passer de l'un à l'autre sans heurts. Il en est ainsi, par exemple, des suites bureautiques qui reconnaissent le standard ouvert ODF pour la création de documents de bureau éditables (traitements de texte, tableurs, présentations…) : les documents qu'elles produisent sous ce standard seront facilement consultables et éditables aussi bien avec OpenOffice qu'avec KOffice ou Google Docs ; autrement dit, le format ODF, en tant que standard ouvert, ne laisse pas l'utilisateur prisonnier d'un seul logiciel, comme c'est le cas de bon nombre de formats propriétaires, tels ceux de Microsoft utilisés dans Microsoft Office.
Or, récemment, le rapporteur du projet de loi « Création et Internet », le député Franck Riester, a tenu les propos suivants sur l'intéropérabilité :
Je n'y suis pas favorable. Il faut laisser au consommateur sa totale liberté de choix en fonction de son système d'exploitation. L'interopérabilité n'est pas nécessaire pour les consommateurs et elle est trop contraignante pour les éditeurs de logiciels.
L'April, association de promotion et de défense du logiciel libre, a réagi hier dans un communiqué de presse. Comme le dit si bien Frédéric Couchet, le délégué général de l'April : Ce que Franck Riester ne comprend pas, c'est que l'interopérabilité est le libre choix des consommateurs.
Le président de l'association, Benoît Sibaud, de son côté, est encore plus dur : Monsieur Riester est la preuve qu'il reste encore à l'Assemblée Nationale des députés opposés à l'interopérabilité et au logiciel libre. Il soutient un dispositif qui va, une fois de plus, pénaliser sans aucune justification les auteurs et utilisateurs de logiciels libres, les mettant dans une situation d'insécurité juridique absolument inacceptable. Le groupe UMP a décidément bien choisi son rapporteur : tout comme cette loi, il nie la réalité technique, protège des intérêts particuliers et souffre d'un archaïsme affligeant.
Appel à la mobilisation
C'est pourquoi, comme pour la loi DADVSI, l'April appelle tous les citoyens attachés au logiciel libre à contacter leurs députés et à les alerter afin qu'ils s'opposent à cette nouvelle menace. Elle les invite également à écrire au rapporteur Riester pour lui demander de revenir sur ses positions inacceptables.
